Texte: Yves Ouellet
Vincent Grégoire est un éco-conseiller de la première génération. Il enseigne au DESS en éco-conseil et est chargé de gestion – environnement et développement durable au Service des immeubles et équipements. Il est titulaire d’une maîtrise en sciences de l’environnement, d’un bac en agriculture et est spécialisé dans le domaine des sols contaminés.
Issu de la toute première cohorte d’éco-conseillers qui a débuté en 2002, Vincent Grégoire est en train de concrétiser le rêve de Claude Villeneuve de faire de l’UQAC un laboratoire de développement durable. Tout a débuté avec le prédécesseur de Vincent Grégoire, Jacques Blanchet, qui a amorcé l’implantation d’îlots de triage pour les matières récupérables. « Auparavant, tous les bureaux et les classes étaient équipés de poubelles », se souvient Vincent Grégoire. « Le changement des habitudes s’est amorcé alors qu’on a sorti 500 poubelles des locaux pour installer 89 îlots de récupération dans autant de points stratégiques. Construits en bois par le groupe d’économie sociale CFER (Centre de Formation en Entreprise et Récupération) devenu le Carrefour Environnement Saguenay, ces îlots sont devenus des meubles d’appel et une sorte de signature visuelle de l’Université. Les gens ont donc dû se déplacer pour aller porter leurs déchets récupérables dans les bacs. Nous nous sommes servis de cette expérimentation pour la documenter et la rendre accessible sur le site Internet de la Chaire en éco-conseil, entre autres. »
Acteur de développement durable
Ce geste simple, mais fondamental, traduit la volonté de l’UQAC de devenir un acteur du développement durable et il s’inscrit en ce sens dans son plan stratégique 2006–2011. Il a précédé l’adoption de la Loi sur développement durable, en avril 2006, qui a amené les organismes gouvernementaux des différents paliers et les institutions à se doter d’un plan d’action en développement durable.
L’éco-conseiller responsable du développement durable a été intégré au Service des immeubles et équipements, actuellement dirigé par madame Dominique Tremblay, qui a adopté et intégré une nouvelle façon de faire. « Cela a demandé une certaine adaptation », reconnaît Vincent Grégoire. « Mais tout s’est bien déroulé parce que les dirigeants sont à l’écoute et sont prêts à s’engager malgré la complexité de certaines situations ainsi que les contraintes budgétaires. Il faut agir avec les gens qui veulent faire avancer le développement durable sans imposer les choses. Cela se manifeste souvent par des initiatives de moindre envergure comme le remplacement des couverts jetables par de la vaisselle dure lors des réceptions. Notre rôle consiste à mettre en place ces changements d’habitudes en canalisant les énergies afin de progresser un pas à la fois. Et, une fois que ce pas est franchi, on sait qu’il n’est plus question de revenir en arrière. Les étudiants sont particulièrement importants dans cette démarche et l’implication du MAGE-UQAC, plus spécialement, s’est avérée essentielle et productive », affirme Vincent Grégoire. La pression vient souvent directement des étudiants qui ont adopté individuellement des comportements écoresponsables dans leur vie et qui veulent que leur université fasse de même. Le projet de covoiturage urbain, qui est en voie d’implantation, reflète bien cette situation.
Son rôle
Le rôle de l’éco-conseiller, dans le cadre institutionnel, consiste conséquemment à nourrir un questionnement soutenu par rapport au développement durable et à accueillir toutes les idées qui proviennent du milieu. Il doit mesurer les résultats et produire des bilans qui démontrent les rendements et décortiquent les résultats pour l’administration. L’UQAC peut aussi profiter des recherches de la Chaire en éco-conseil qui apporte beaucoup d’eau au moulin.
Un exemple? Le projet ComposTable. « Nous ne pouvions pas fournir la masse suffisante de résidus compostables pour justifier l’utilisation d’un camion qui transporte dix tonnes de matières par semaine. La Chaire a donc produit des études d’opportunités dans des institutions qui pouvaient fournir un surplus de matières en leur faisant comprendre qu’elles pouvaient réaliser d’importantes économies à l’enfouissement à condition de modifier quelques façons de faire. »
Le but ultime de toute cette démarche reste de former des éco-citoyens, conscients des changements qu’ils peuvent amorcer dans leur milieu, sans leur imposer quoi que ce soit. « Pour illustrer cette approche simplement, j’évoquerais une initiative prise le MAGE-UQAC à la cafétéria qui consiste à augmenter de 0,50 $ le prix du café consommé dans un gobelet de carton afin d’inciter les étudiants à utiliser une tasse. Chacun a le choix. Cela nous a cependant permis de réduire la consommation annuelle de contenants de 46 000 à 23 000 en quelques années. »
L’intégration des principes de développement durable à toutes les réalités universitaires va cependant beaucoup plus loin et se répercute même sur la façon d’envisager l’expansion physique de l’institution, les projets d’aménagement et de construction. Ce qui fait que Vincent Grégoire est maintenant invité aux réunions de planification de ces grands projets, avec les gestionnaires et les architectes. On sait d’ailleurs que des subventions sont attribuables aux projets de construction qui respectent certaines normes comme le LEED argent et l’éco-conseiller est formé pour livrer l’information à ce sujet.
L’éco-conseiller en institution ne manque pas de travail et son utilité s’impose telle une évidence indéniable. Optimisation de l’efficacité du transport en commun, stationnements incitatifs, mise en fonction du parc technologique, aménagement paysager, coulée Val Lombrette… Les défis sont nombreux et d’autres s’ajoutent constamment. ☐
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